L'affaire du prisme huit ans après : toujours pas de coupable
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FAITS DIVERS ETRANGER
Marseille, Territoire de FRANCE. De notre envoyé spécial, Grégoire Touché
Il marche d'un pas décidé sur la Cannebière, pantalon de velours noir, pull beige. Tous les mercredi après-midi, Marcel Raymond rentre chez lui par le front de mer, perdu dans ses pensées. Hanté par le mystère du Prisme, qui l'empêche de dormir depuis déjà huit ans.
Huit longues années durant lesquelles il n'a pu élucider ce qui reste une énigme pour lui. Ce prisme a changé sa vie, il ne l'oubliera jamais.
Rappelons les faits. Alors qu'il vient de donner un cours à ses élèves de Seconde 2 (remarquez la stupéfiante répétition des chiffres...) sur la réfraction de la lumière à l'aide de l'unique prisme que l'école Jules Verne s'est offert quelques années auparavant, Marcel Raymond, directeur de l'école et professeur de Physique-Chimie émérite, s'aperçoit de la disparition de celui-ci. Intrigué, bouleversé, il demande à ses élèves si quelqu'un sait où se trouve le prisme. Personne ne répond. Quelques-uns osent même sourire devant la mine grave affichée par leur professeur. Marcel Raymond ne peut plus donner son cours préféré. Il ne peut plus démontrer les lois de Newton sur la lumière. Lui qui déteste la théorie, lui qui aime par dessus tout la démonstration concrète des lois qui régissent l’univers.
Il soupçonne ses élèves d'avoir dérobé le précieux triangle de verre. Il n'hésite pas à prononcer les termes de "malandrin", de "plaisantin". Mais rien n'y fait, personne ne semble prêter attention à ce qui est devenu l'Affaire du Prisme. Il se tourne alors vers ses collègues. Eux aussi sont éplorés. M. Brulebûches, le vénérable, marmonne dans sa barbe : "Si je trouve cet enfoiré qui a volé le prisme, il s'en souviendra longtemps ! je lui en ferai voir, moi ! il saura ce qu'il en coûte de se moquer d’un vétéran du Vietnam !". Marcel Raymond soupçonne aussi sa laborantine nymphomane. Mais elle n'était pas de service le jour de la disparition du prisme. Jour et nuit, Marcel Raymond tente de dénouer ce mystère. En vain. Il prend alors la décision la plus grave qu'il ait jamais dû prendre dans sa vie : il quittera Jules Verne à la fin de l'année.
Depuis, malgré le temps qui passe et l'éloignement de sa "chère école", Marcel Raymond n'en finit pas d'y penser. Il nous confie : "Je pensais que je m'en sortirais le jour où je pourrais de nouveau donner un cours sur la réfraction de la lumière. Mais ça ne m'a calmé que temporairement. Je peux de nouveau utiliser un prisme à Marseille, mais ce n'est pas pareil. Ce n’est plus Le Prisme. Mon Prisme !! (il s’emporte, crie, éructe, la bave lui coule des commissures des lèvres) Tant que je ne saurai pas quel est le malandrin qui nous a volé notre outil de travail, je ne serai pas tranquille."
Depuis, malgré le temps qui passe et l'éloignement de sa "chère école", Marcel Raymond n'en finit pas d'y penser. Il nous confie : "Je pensais que je m'en sortirais le jour où je pourrais de nouveau donner un cours sur la réfraction de la lumière. Mais ça ne m'a calmé que temporairement. Je peux de nouveau utiliser un prisme à Marseille, mais ce n'est pas pareil. Ce n’est plus Le Prisme. Mon Prisme !! (il s’emporte, crie, éructe, la bave lui coule des commissures des lèvres) Tant que je ne saurai pas quel est le malandrin qui nous a volé notre outil de travail, je ne serai pas tranquille."
Devant notre insistance, il daigne nous montrer son nouveau prisme, gardé jour et nuit dans un coffre-fort à ouverture bio-génétique. Délicatement retiré de son écrin de soie rouge, l'objet prend une dimension quasi mystique dans les mains de Marcel Raymond. Ce simple objet de verre est pour lui un trésor inestimable. Il y revoit son maître à penser, Isaac Newton, le premier qui osa utiliser deux prismes pour analyser la lumière blanche. Quelle épopée !
Alors que le soleil descend lentement sur la Méditerranée, nous laissons derrière nous un homme miné par le souci et l'angoisse. Un homme de science dévoré par sa passion. Un homme qui espère. Un homme qui attend que toute la lumière soit faite sur cette affaire...